Trimble MEP et le BIM


Texte de Stephan Jones, Directeur de secteur Plancal nova – 15 avril 2016

Après la publication récente du premier volume de son Digest de BIM, un e-guide complet sur la modélisation numérique de bâtiment, qui s’appuie sur les points de vue, les opinions et les observations de leaders professionnels du marché, Trimble MEP est fière de promouvoir le BIM, entre autres sur le marché du BTP.

Alors qu’il semble que l’adoption forcée du BIM se généralise sur l’ensemble de la planète, les opinions sur la question de ses avantages en matière de coût restent très partagées dans le secteur du BTP. Selon Stephan Jones, directeur de secteur Plancal nova, l’une des raisons de cette divergence de perceptions réside dans le fait que les définitions que le gouvernement a données des implications de chaque niveau de la modélisation n’insistent pas sur le rôle de pilier central des formats de fichiers tels qu’ils avaient été élaborés au départ par l’IAI (International Alliance for Interoperability, rebaptisée BuildingSmart par la suite).

M. Jones est apôtre convaincu du BIM. D’après lui, le fait de pouvoir travailler en simultané constitue la plus puissante de ses propriétés. En tant que principe poussé à l’extrême, la simultanéité permettrait aux utilisateurs de manipuler les mêmes informations simultanément : un objet d’une maquette 3D, une propriété de cet objet, un coût associé ou tout autre aspect des données.

Voici ce qu’il en pense :

« Vous pensez probablement que par nature, une telle propriété serait chaotique et totalement inadéquate dans le contexte de la livraison de chantier.

Si vous avez déjà travaillé avec des outils comme Google Docs ou Google Slides et qu’à cette occasion vous avez collaboré à la préparation d’une présentation ou d’une offre commerciale, il est probable que vous ne souhaitiez pas retrouver la solitude du traitement de texte de votre ordinateur. Je confirme : c’est ce qui m’est arrivé et je ne souhaite pas revenir en arrière.

Grâce aux outils de collaboration de Google, on ne s’envoie plus de fichiers. On ne se casse plus la tête pour savoir si oui ou non, c’est bien la dernière version, ou s’il faut attendre avant d’effectuer les modifications importantes qui vous viennent à l’esprit.

Ce type de situation est monnaie courante dans le BTP, à la différence que les enjeux sont considérables : il ne s’agit plus d’un fichier DOC, mais d’une maquette numérique détaillée, très complexe, aux facettes multiples et aux données interdépendantes.

Avec les techniques traditionnelles de gestion des données, on a tendance à aborder la question du partage de façon pessimiste. Si vous travaillez en réseau et que vous partagez un fichier Excell, vous remarquerez peut-être que s’il est déjà ouvert par un collègue, le programme vous avertit que vous ne pouvez pas modifier les données avant que l’autre utilisateur ait fermé le fichier, source de frustration qui vous pousse généralement à abandonner la tâche que vous alliez effectuer. Toutefois, dans ce cas, cette forme de pessimisme est justifiée. Son rôle est d’empêcher que les données ne soient endommagées, principe auquel la plupart d’entre nous adhèrent volontiers.

Comme on peut s’y attendre, un autre paradigme se propage dans le monde de l’informatique. Il se caractérise par son optimisme. Selon cette démarche, plusieurs utilisateurs peuvent accéder à plusieurs copies des mêmes données et les manipuler. Lorsque les changements ont été sauvegardés, le système utilise des techniques qui essaient de fusionner les diverses modifications.

Imaginez qu’une phrase modifiée par une personne ait été supprimée par quelqu’un d’autre : quel sera le résultat de la fusion ? Sans la notion sémantique de « phrase », il sera assez chaotique. En définissant la nature d’une phrase, nous pourrions conclure que les modifications ne s’appliquent que dans ce contexte et ne devraient par conséquent pas être sauvegardées à la suite d’une fusion des données.

Le point de vue pessimiste suggère que les tâches simultanées ne seront réussies que lorsqu’une seule source de données partagées existe. Il faudrait que nous nous connections simultanément au fichier et que nous patientions pendant que les opérations s’exécutent, une par une. Cette démarche fonctionne assez bien pour des scénarios simples, où la longueur des opérations est faible et où elles peuvent être effectuées rapidement. Face à des données BIM, la longueur de l’opération devient rapidement un goulot d’étranglement injustifiable.

L’usage de la démarche optimiste est-il la solution à privilégier dans le cadre d’une plateforme de travail simultané ? Malheureusement, au niveau II = IFC (Industry Foundation Classes, format standard pour stocker les données de construction), le BIM ne le permet pas. Rappelez-vous que l’utilisation de fichiers sous licence nous suffit amplement et qu’à ce stade de l’évolution, les objets de données que ces fichiers contiennent ne possèdent aucun caractère sémantique. Pour simplifier, rien ne nous permet de distinguer formellement une cuvette de w.c. d’une porte, ou une cadence de travail d’une fenêtre, ce qui constitue le problème exposé plus haut (sémantique). Des systèmes de classification ont été conçus pour éviter ce problème, mais ils ne répondent pas à ce besoin de nomenclatures et de définitions plus complètes, besoin inhérent à l’organisation des données des formats IFC.

La simultanéité pourrait améliorer l’ensemble des opérations de la réalisation, mais c’est dans la création et dans la direction des études de projet qu’elle est probablement la plus utile.

Actuellement (dans le cadre de la norme PAS1192-1), on conseille aux concepteurs d’adopter des méthodes de séparation des données, ce qui a pour conséquence de générer des kyrielles de fichiers dont le but est d’ordonner les espaces et les corps de métier selon un ordre logique, de façon à ce que les équipes puissent travailler normalement. Bien entendu, cette méthode ne concerne pas uniquement les noms de fichiers. Suivant les logiciels utilisés, un contrôle précis du nom des calques existe aussi. En réalité, les chefs de projets sont forcés de choisir et d’organiser les noms des fichiers au moyen de codes à plusieurs parties qui ne sont compréhensibles que par ceux qui participent le plus au projet.

Les concepteurs de chaque discipline reçoivent une mission commune, mais dont l’emplacement est rarement partagé, puis se dispersent et travaillent de leur côté pendant une certaine période. À un moment déterminé, il faudra rassembler les données produites et les coordonner. Si des marges d’erreur ont été prévues pour l’interprétation, la documentation de projet en tiendra compte. Plus les périodes qui séparent les réunions de coordination sont longues, plus le poids des problèmes de conception (l’amplitude des modifications) sera lourd. Plus l’amplitude est grande, plus le degré de révision est conséquent.

La simultanéité joue aussi un rôle important dans la gestion des modifications, qu’on appelle aussi souvent « l’analyse de la valeur » (value engineering). En termes simples, plus le coût d’utilisation d’une itération de conception est élevé, plus faibles seront les bénéfices et donc la tendance à interagir avec le processus. Si ce coût peut être réduit, par exemple en générant des révisions de données quantifiées à partir d’une maquette plutôt qu’en les recalculant manuellement, on gagne du temps non seulement au cours du cycle lancé, mais plus largement au sein de la chaîne de production et on réduit ainsi les coûts du déroulement du projet.

Au final, grâce à la simultanéité, les données sont toujours à jour. On peut s’y fier. On n’a pas besoin de les rechercher. Tout ce dont on a besoin est là et tout le monde a sous les yeux des données identiques. Que vous soyez concepteur, maître d’ouvrage, économiste de projet ou urbaniste, vos calculs et vos commentaires sont toujours à jour, ce qui vous permet d’identifier les problèmes et de réagir aux modifications ».

Pour en savoir plus : http://mep.trimble.fr/telecharger

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